Conference Abstracts
11. Bouayad, Larbi; Ecole Natonale d’Architecture-Rabat,
Morocco:
"La tentation urbaine"
En 1950, sur les trente premières villes du
monde, le tiers était situés dans les pays du sud
et près de 60 % de la population urbaine mondiale était
concentrée dans les pays développés. En 2000,
plus des trois quarts des plus grandes villes du monde se trouvent
dans les pays du sud et les villes des pays développés
hébergent moins du tiers des 3 milliards d’urbains
que compte la planète.
Bien avant l’avènement du 21ème
siècle, la moitié des populations de l’humanité
a succombé à la tentation urbaine sans acquérir,
pour la plus part, le statut d’urbanité : plus des
2/3 de ces populations, en quête d’une intégration
urbaine et dans des conditions indigentes, ne peuvent l’atteindre.
Les chiffres prévoient pour 2025 une augmentation des populations
urbaines dépassant les 2/3 de la population mondiale. Les
¾ des mégapoles de la planète de plus de 10
millions d’habitants seraient situées dans l’hémisphère
sud. La planète Terre présenterait alors l’aspect
suivant :
- des bidonvilles avec des quartiers-pôles super gardés
dans l’hémisphère sud ;
- des villes cybernétiques entourées de périphéries
dangereuses dans l’hémisphère nord.
A ce rythme, nous pouvons nous attendre à l’émergence
progressive et persistante, avant la fin de ce siècle, de
la ville Terre : espace urbain hétérogène et
stratifié.
Ces perspectives nous interpellent à plus d’un
titre :
N’y a-t-il à l’horizon de notre
humanité que le seul mode de vie urbain ?
Qu’en est-il des autres modes de vie rural et pastoral ?
Sommes-nous condamnés à vivre dans des villes inégales
et multiformes ?
Les planificateurs urbains contemporains1 affirment
que « lorsque l’on planifie une ville nouvelle, une
autre ville informelle vient s’imposer par une porte dérobée
: comment rendre vivable cette ville informelle ? ».
La ville informelle qui s’impose aux côtés
de celle planifiée est-elle un mal nécessaire ?
Comment affronter ces problèmes de face et de tous côtés
dans une approche de solutions multilatérales ?
Peut-on substituer à l’exode rural celui urbain par
une promotion de développement local intégré
et complémentaire ?
- Notamment Mme BANASOPIT Mekvichai, professeur à
l’Université Chulalong Korn de Thaïlande, un des
« témoins du Sud » du PRUD (Projet de Recherche
Urbaine pour le Développement) dont le colloque de clôture
s’est tenu à Paris du 5 au 7 mai 2004.
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