British Embassy, Paris

Le 19 mai 1999

Allocution de
Sir John Daniel
Vice-chancelier de l’Open University
pour marquer le début d’un projet de collaboration
entre la Chambre de Commerce de Paris et l’Open University

Monsieur l’Ambassadeur et Madame Jay, Monsieur le Ministre, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs.

Tout d’abord, au nom de l’Open University, je dois exprimer les plus cordiales remerciements à son Excellence l’Ambassadeur et à Madame Jay pour nous avoir permis de fêter, dans ce cadre magnifique, ce début d’un projet de collaboration important et prometteur entre l’Open University et la Chambre de Commerce de Paris.

L’Open University est la plus grande institution d’enseignement et de formation du Royaume Uni. Après l’état, la Chambre de Commerce de Paris représente l’institution de formation la plus importante en France. Une alliance entre ces deux gentils géants est donc une belle manifestation de l’entente cordiale.

Nos deux organismes sont en pourparlers depuis dix-huit mois et je voudrais remercier non seulement les collègues des deux côtés qui ont élaboré cette entente, mais aussi Monsieur Hubert Bonal du CERAM ESC de Nice et Monsieur Bertrand Mauvy pour leurs contributions significatives au progrès du projet.

Je dois dire que j’éprouve beaucoup de satisfaction personnelle à voir la naissance de ce projet de collaboration franco-britannique car j’ai passé une bonne partie de ma carrière à cheval sur les cultures académiques anglaise et française. Après avoir complété une licence à Oxford et un doctorat d’état à l’Université de Paris je suis parti pour le Canada où j’étais professeur de métallurgie à l’Ecole Polytechnique de Montréal avant de me joindre à l’équipe fondatrice de la Télé-université, c’est à dire l’université ouverte du Québec.

Puis, vers la fin de mes vingt-et-un ans au Canada, j’ai été pendant six ans recteur de l’Université Laurentienne, une institution bilingue en Ontario. Je sais gré à la France pour avoir reconnu la contribution quelque peu original de ce ressortissant britannique à la promotion de la culture française au Canada en me nommant d’abord chevalier et ensuite officier dans l’Ordre des Palmes Académiques. De tous les honneurs qui puissent m’arriver c’est celui dont je suis le plus fier.

Outre le très grand privilège de vivre à cheval sur ces deux grandes cultures mondiales, j’ai eu l’opportunité remarquable de participer activement au développement de la formation universitaire à distance depuis le début de sa renaissance aux années soixante-dix. J’ai contribué très modestement à l’essor de ce nouveau mode pédagogique tant au Canada français qu’au Canada anglais mais, au fur et à mesure qu’avancaient les années quatre-vingts, je constatais que c’était l’Europe, plutôt que l’Amérique du Nord, qui avait le leadership dans ce domaine.

C’est ainsi que je suis revenu en Europe, il y a neuf ans, pour prendre la direction de l’Open University. C’est une institution universitaire unique. 160.000 étudiants suivent cette année des cours universitaires de premier, deuxième et troisième cycle. 30.000 de ces étudiants demeurent en dehors du Royaume-Uni. 50.000 de ces étudiants sont reliés à l’Internet à partir de leurs ordinateurs personnels à domicile.

La diversité des étudiants de l’Open University est étonnante. Prenons, par exemple, les 5.000 étudiants en Europe continentale occidentale, parmi lesquels les ressortissants britanniques sont minoritaires. Ce groupe vient de 99 pays de naissance et parlent 60 langues différentes. Et, plus à l’Est, nous comptons au delà de 10.000 étudiants dans les pays de ancien bloc soviétique qui suivent nos cours dans les diverses langues de la région : russe, slovaque, hongrois, etcetera.

C’est dire que les cours de l’Open University que la Chambre de Commerce de Paris va offrir en français ont déjà fait leurs preuves a l’échelle internationale. Toutefois, cette nouvelle entente constitue la première traduction de cours de l’Open University dans une autre langue de l’Europe occidentale.

Nous accueillons cette nouvelle association avec la France dans le contexte d’une tradition de collaboration déjà bien amorcée. Depuis trois ans, par exemple, des milliers d’étudiants de l’Open University viennent pratiquer leur français sur le campus de l’Université de Caen chaque été. Nos collègues de l’Université de Caen leur fournissent une expérience mémorable.

Un autre exemple. Depuis plusieurs années nous travaillons avec le Sénateur Pierre Lafitte dans le cadre du technopole de Sophia Antipolis. Le Sénateur Lafitte est docteur honoris causa de l’Open University, titre que nous lui avons décerné lors d’une cérémonie de collation de grades à Paris il y a deux ans.

Enfin, c’est la France, avec le système Minitel, qui était le pionnier de la télématique populaire, phénomène qui prend aujourd’hui un essor tout à fait sans précédent avec l’Internet. Nous avons beaucoup d’admiration pour les réalisations françaises actuelles dans le domaine du multi-média et des satellites et nous esperons développer ces créneaux technologiques au sein de notre collaboration.

C’est ainsi, je crois, que l’Europe maintiendra son leadership dans les technologies de la formation à distance. L’année dernière nous avons créé aux Etats Unis une université soeur, la United States Open University. Nous voulons réaliser, avec de telles initiatives, notre vision d’un réseau mondial d’universités ouvertes fondées sur l’intégration de la tradition académique européenne (issue des universités comme Bologne, Paris et Oxford) avec les technologies du troisième millénaire et les besoins en formation des citoyens de tous âges.

C’est dans le contexte passionnant de ce grand défi que nous devons célébrer l’entente entre la Chambre de Commerce de Paris et l’Open University.

Je remercie encore une fois Monsieur l’Ambassadeur et Madame Jay pour cette magnifique soirée et je souhaite bon succès à tous ceux et à toutes celles qui travailleront à la réalisation du projet.


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